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 Le mont froid

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Maquisarde1943



Messages : 18
Date d'inscription : 03/12/2009
Age : 28

MessageSujet: Le mont froid   Mer 16 Déc - 13:35

La liberté guide nos pas !




En avril 1945, les chasseurs de montagne allemands et les parachutistes italiens fascistes tiennent encore les crêtes alpines entre la France et l'Italie, notamment en haute Maurienne dans le secteur clé du mont Cenis. Cols, observatoires et bastions naturels sont occupés par des unités d'élite de la 5. Gebirgs-Division (principalement le 3e bataillon du Gebirgsjäger-Regiment 100 *) et une compagnie du régiment italien fasciste Folgore : environ quinze cents soldats aguerris, bien équipés et appuyés par une vingtaine de pièces d'artillerie (neuf pièces de 150 et onze de 75) et des mortiers de 120. En contrebas, la 27e division d'infanterie alpine, amalgame des maquisards A.S. et F.T.P. et de jeunes recrues, aligne la 7e demi-brigade de chasseurs alpins composée des anciens bataillons Vercors, Oisans, Belledonne devenus respectivement 6e, 11e et 15e B.C.A. : environ trois mille volontaires sous-alimentés, peu entraînés, mal équipés, mais soutenus par quarante-cinq bouches à feu (huit pièces de 155, quinze de 105 et vingt-deux de 75).

Le 5 avril 1945, malgré le froid très vif, un vent glacial et une croûte neigeuse cassante, la 7e demi-brigade s'élance à l'assaut du plateau du mont Cenis, pièce maîtresse du système défensif ennemi, clé du Val de Suse et du Piémont. L'objectif principal du jour J consiste à s'emparer du mont Froid (2820 m) qui commande toute la moyenne vallée de l'Arc et constitue la pierre angulaire de l'organisation allemande. Arête étroite de sept à huit cents mètres de long, le sommet du mont Froid est défendu par trois points d'appui : « blocs » est et ouest avec deux casemates en ruine et « bloc » centre avec un réseau de tranchées. Le 5 avril, la 4e compagnie du 11e B.C.A. réussit à conquérir les points d'appui centre et ouest. Le lendemain, à la suite d'une quatrième attaque, elle enlève le bloc est : le mont Froid tombe enfin aux mains des Français ! Cependant, éloignée des bases de ravitaillement, la position s'avère d'autant plus difficile à tenir sous le feu de l'ennemi que celui-ci décide de la reconquérir à tout prix...

Heureusement, dans la journée du 6 avril, des renforts arrivent : quelques éléments de la 2e compagnie du 11e B.C.A. et surtout la 4e compagnie du 6e B.C.A. au complet dont les chasseurs, sans skis ni raquettes, mais surchargés de munitions, atteignent le sommet après une marche extrêmement éprouvante dans la neige profonde. Malgré ces renforts, le vent bruyant ainsi que le brouillard continuel neutralisent la vigilance des guetteurs... Un peu avant minuit, à la suite de violents tirs de mortiers et de mitrailleuses, un détachement germano-italien (une compagnie allemande et deux sections italiennes), articulé en cinq groupes, parvient sans bruit aux abords de la casemate est : tandis que trois groupes lancent une attaque frontale au pistolet-mitrailleur et à la grenade, les deux autres tentent un double débordement. Scène apocalyptique : la lueur des fusées éclairantes et les éclairs des balles traçantes déchirent la brume ; les explosions des obus de mortier, des grenades et des projectiles de Panzerfaust s'ajoutent au crépitement des armes automatiques dans un vacarme infernal... Submergée, la petite garnison française est sur le point d'être anéantie. La section de l'adjudant-chef René Jeangrand (avec entre autres le sergent Roger Cerri et le caporal-chef Jean Gilbert) vient immédiatement à la rescousse...

Jean Gilbert se souvient : Brusquement, j'entends, à quelques dizaines de mètres, les Allemands qui arrivent en criant : « Français, rendez-vous, vous êtes pris ! » Jean Fournier, en tête de son groupe, prend le fusil-mitrailleur et tire. Bientôt, il tombe mortellement blessé. Puis sont tués à leur tour l'adjudant-chef Jeangrand et l'adjudant Gay qui a eu le temps de donner l'ordre de repli. Les deux groupes se replient sous le feu de l'ennemi. Nanjod et Brand sont blessés. Lacroix a la mâchoire brisée par une balle de pistolet tirée à bout portant par un Allemand surgi de la nuit... Sous une incroyable mitraille, nous rejoignons le bloc centre [...] Les Allemands, qui hurlent toujours autant, arrivent bientôt. Nous nous défendons avec l'énergie du désespoir. Il faut ménager les munitions, car aucun secours ne peut nous être envoyé. Les Allemands donnent l'assaut en criant. Ils sont accueillis par une volée de balles. Tenaces, ils recommencent et arrivent jusqu'à une vingtaine de pas. C'est à ce moment-là que Psilodimitris, couché à côté de moi, reçoit une balle en plein front. D'autres, qui sont pour moi anonymes, sont tués ou blessés... Aux cris des Allemands, nous répondons par le Chant du départ, entonné par l'aspirant Vanier. Le lieutenant Paut vient de recevoir une balle en pleine poitrine. L'instant est particulièrement émouvant. Je tire tant que je peux en chantant et en pleurant. Bientôt, la clarté, qui commence à poindre, laisse voir les derniers Allemands qui fuient... La fatigue tombe sur nos épaules. Autour de nous, la neige est jonchée de morts et de blessés. La section a quatre tués et cinq blessés. C'est cher payé !

On panse les blessures. On évacue les blessés et les morts. Des gars ont les pieds gelés. Le lieutenant Ruche a les deux pieds gelés et devra être évacué sur une civière [...] La tempête balaie la montagne, la visibilité est nulle et les guetteurs sont relevés toutes les demi-heures. Le dimanche 8 avril, nous sommes de plus en plus frigorifiés et épuisés. [...] Les mitrailleuses et les F.-M. sont gelés et ne veulent plus fonctionner. Heureusement, l'ennemi ne vient pas cette nuit. Le 9 avril, vers six heures du matin, la 4e compagnie du 6e B.C.A. est relevée...

Après l'échec de trois contre-attaques, le commandement allemand se résout à évacuer le secteur du mont Cenis, mais, à l'échelon suprême, le Generaloberst von Vietinghoff, commandant en chef du front allemand en Italie, ordonne de résister et de reprendre le mont Froid coûte que coûte. Ainsi, grâce à d'importants renforts de la division, les Allemands reconquièrent la position le 12 avril 1945. Toutefois, deux semaines plus tard, ils reçoivent l'ordre de quitter la région.

Pour conclure, citons le général Alain Le Ray qui commandait la 7e demi-brigade de chasseurs alpins en 1945 : [...] il y a l'admirable spectacle de ces deux adversaires qui se battent pour l'honneur, les uns sachant bien que tout est perdu pour eux, mais qu'il reste leur éternelle valeur de soldats à défendre, les autres n'ignorant pas que les objectifs pour lesquels ils combattent ne sont que d'arides pitons auxquels personne ne s'intéresse, mais qui veulent apporter à la France la contribution de leur sacrifice afin qu'elle soit absoute de ses faiblesses d'hier et qu'entre les mains de son chef, puisse être remis, au moment des négociations pour la paix, le gage de leur effort gratuit et de leur renoncement. [...] Les sacrifices de nos chasseurs [...] ont contribué à la réhabilitation de la France auprès de nos alliés et devant l'histoire
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Romans



Messages : 3
Date d'inscription : 15/01/2011

MessageSujet: Re: Le mont froid   Sam 15 Jan - 22:39

Sad C'est bien gentil, mais vous auriez pu citer vos sources ! En effet, il s'agit de la citation mot pour mot de mon texte sur la bataille du mont Froid : Dans la bataille du mont Froid

N.B. Comme je l'indique sur ma page, mes sources proviennent des renseignements obligeamment fournis par Jean Gilbert, secrétaire de l'amicale des anciens du mont Froid.
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